Mardi 17 mars 2009
 

 -Comissaire, Comissaire! Un message du sous-préfêt! Il dit que nous devons ouvrir les barrières pour le laisser passer, lui, son assistant et un troupeau de bovidés en furie, .

-Celui-là?  Demanda Beaumont en désignant le charnier fumant devant eux.

-Euh...C'est probable. Bien qu'elles n'aient pas l'air très en furie...Ah si : peut-être celle là là-bas!

-C'est le sous-préfet Pincecü.

-Oh pardon. Et l'autre à côté?

-Eh bien sans doute son assistant.

-Mais...il est tout nu!

-Je vois que tu ne connais pas grand chose en politique. 

L'agent Fouquet baisse les yeux. Lui qui croyait être seule victime de ce genre de pratique. Le silence devient gênant, l'odeur aussi.

-Bon...alors qu'est-ce-qu'on fait?

-Moi, je rejette toute la culpabilité sur ta pomme, et je donne l'ordre de ramasser cette viande morte, mauvais pour le moral des troupes. Toi, tu es en arrêt une semaine, tu rentre chez toi.

-Mais...Vous savez que j'habite ici...à Théoul.

-C'est parfait, nous n'aurons pas à payer de frais de transports.

-Mais...

-C'est ça ou ramasser seul tous ces cadavres de vaches!

-Je crois que je préfère les vaches.

-Non! Tu rentre chez toi. C'est mieux.

- Par Kikipow - Maitre Kanter
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Samedi 28 février 2009

Au milieu de la cohue bovine, le petit Lambert courait, touts attributs au vent. Sa pilosité, par un curieux phénomène mimétique, était tachetée comme celle d'une bonne laitière. Etait il un de ces enfants vaches dont parlent depuis toujours les légendes populaires de la région de Théoul? Toujours est il qu'il semblait parfaitement à son aise au milieu des vaches déchaînées, et suivit sans peine le rythme infernal des bovidés lancés à la poursuite de Jean Louis Pincecü.
Au loin, on apercevait déjà le clocher de l'église de Théoul. Encore deux bons kilomètres, pensait Pincecü, et je suis sauvé. A ses côtés, son fidèle assistant semblait à bout de souffle. Trop d'apéritifs, pas assez de gymnastique, sans doute, pensait le sous préfet.
Les vaches approchaient. dangereusement. Pincecü, voyant le tour désagréable que prenait la situation, décida que, l'un dans l'autre, il pourrait toujours se trouver un nouvel assistant. Il décocha alors un croche pied vicieux à son camarade, qui s'affala avec un petit couinement d'effroi, lorsqu'il prit conscience de ce qui allait vraisemblablement lui arriver.
Pincecü reprit sa course folle, Les vaches, elles, accompagnées d'un Lambert toujours plus excité, s'étaient arrêtées pour mettre en pièces le malheureux secrétaire. Elles y mettaient du coeur à l'ouvrage. Cet acharnement avait permis à Pincecü de reprendre un peu d'avance. Encore un petit kilomètre, et il pourrait rejoindre l'abri rassurant d'une porte cochère, et laisser les vaches saccager Théoul.
Après avoir consciencieusement transformé le secrétaire en confettis gluants, les bêtes à corne s'étaient remmises en route, faisant trembler le sol sous leurs délicats sabots souillés de sang.
Alors que le sous préfet pensait être perdu, rattrappé pas la masse meuglante, il entendit un sifflement.
"Merde", se dit il alors, "se pourrait il que les consignes ne soient pas passées?"
En effet, il avait requis un laissez passer pour un troupeau de cent têtes auprès des militaires qui gardaient l'acès à Théoul. "Foutus problèmes de transmission", grommela t'il, en se  jetant dans un fossé providentiel.
Puis ce fut l'enfer. Les explosions. La barbaque traversant le paysage matinal. L'odeur de la vache explosée.
Et surtout, un nuage de poussière, qui recouvrit les environs.
Lorsqu'il se dissipa, seul restait debout le petit Lambert, au milieu des restes de ses amies, qui meuglait misérablement l'air quelque peu dépassé par les évènements.
Jean Louis Pincecü en fut extrêmement touché.

- Par Kikipow - Maitre Kanter
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Mardi 17 février 2009

Le surlendemain, l'opération était planifiée, et le plan opérationnel. Les vaches de tout le département, riantes ou non, et pour l'instant affectée d'aucun trouble schizophrène, étaient rassemblées sur la colline dite du « Petit Lambert », surmontant Théoul.


Il convient de s'arrêter un instant sur la dénomination de cette colline, non pas parce que la vue y est belle, mais parce qu'il s'agit d'une prolepse à mèche courte (et à présent mouillée). Tout commença quand un homme, suppose-t'on, quelconque, raconte-t'on, pénétra dans le sexe et dans la chambre de Patricia, mais pas forcement dans cet ordre, avant de glisser deux St-Exupéry dans son corsage. C'était l'époque ou les pièces étaient jaunes et David douillet. Trois saisons plus tard la série reprenait avec un accouchement réussi, ou avortement raté selon les points de vue, et le petit Lambert voyait le jour. En réalité il ne s'appelait pas Lambert, ni autrement d'ailleurs, puisqu'il fut abandonné sur la colline dès son deuxième jour, les enfants nuisant fortement au commerce dans ce secteur. Les autochtones voyant là une chance de baptiser cette colline anonyme et ne pouvant décemment pas opter pour « la colline du petit X », leurs donnèrent à tous deux le nom de Lambert, en référence à...rien. On ne retrouva jamais le corps du bébé.


Du haut de la colline, Pincecû opérait quelques contemplations tout en contemplant les opérations. Ce jour resterait gravé dans la pierre angulaire de sa politique comme celui de la vache qui rit schizophrène. Cette idée lui était venue d'un livre, qu'un démon farceur avait un jour déposé dans ses toilettes, et qui ne les avait plus jamais quitté : Zombie or not zombie? D'un certain professeur Orlans. On y expliquait notamment au chapitre 57 comment le virus zombie mutait rapidement pour se propager d'une espèce à l'autre, pouvant ainsi affecter tout le monde animal, du cafard à la baleine, à l'exception toutefois des chattes, des loutres femelles, et des vaches. Trois espèces que rien ne rassemble, et ne pouvant pourtant qu'être porteuses saines du virus.

Pincecû y avait vu le salut de Théoul : si on ne pouvait y envoyer des hommes, on y enverrait des chattes...Non! Elles sont trop mignonnes! Des loutres alors? On en a pas! Bon ben, va pour les vaches.

Seulement, les vaches n'ont pas le tempérament belliqueux de leurs homologues masculins, c'est là que l'ingéniosité du sous-préfet intervient! Afin de stimuler leur agressivité l'OVQRS (opération vache qui blablabla...) prévoyait de les abreuver toute une journée de testicules de taureau broyées (disponible en canettes), ce qui avait aussi pour effet de créer chez elles un trouble schizophrénique de la personnalité, déchirant leurs esprits entre le pis et le vît. Mais cette agressivité ne suffisait pas pour venir à bout de la peste zombie, il fallait la focaliser sur quelque-chose. Là encore, Pincecü redoubla d'intelligence. Il mènerait les vaches à Théoul en se déguisant en Jean Cazenabe, aussi nommé Félix Robert, premier toréro français à faire carrière en Espagne, et surtout : moustachu. Le ressentiment de toute la race bovine envers cet homme pousserait le gigantesque troupeau à poursuivre son ersatz et démembrer au passage tous les zombis se trouvant sur son chemin. Une féria sanglante.
 

Un doute néanmoins : Pincecü courrait-t'il assez vite?

Trop tard pour reculer, le destin du monde était entre ses jambes. Il arrima sa moustache, enfila son habit de lumière, et montra ses fesses aux vaches survoltées qui ne rirent pas (mince! Il n'avait pas prévu ça...s'il s'en sortait vivant il réviserait le nom de son opération), mais le poursuivirent comme elle le devaient, avec furie et fracas.


Personne ne remarqua le petit Lambert, aujourd'hui grand, mais toujours tout nu, qui courrait à quatre pattes avec elles, poussant des mugissements plus vrais que nature.

- Par Kikipow - Maitre Kanter
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Lundi 16 février 2009

Retranché depuis plusieurs jours dans un hôtel borgne de la ville de B****, Jean Louis Pincecü se morfondait. Sa femme le déplorait. Et l'auteur s'en voulait de vouloir fair un gag ou le bon préfet se serait mordu le fond.
Le représentant de la république tournait en rond comme raspoutine dans une cage.
Nul ne sait à quoi il pensait lors de ces tristes heures passées en compagnie d'une table basse. On sait juste qu'il y resta trois jours ouvrables. Même sa femme se voyait refuser l'accès à la couche conjugale.
Le samedi, ses horaires de préfet ne lui imposant qu'une demi heure de permanence matinale, il ouvrit la porte d'un geste
Décidé
Auguste
Mais toutefois un peu imprécis. Cela dit, cela n'aura aucune conséquence sur le récit. Passons.
Il demanda le téléphone, puis s'enferma à nouveau. Il va sans dire que tout le monde, intrigué par cette  réaction,  vint se masser derrière la porte afin d'écouter la conversation qui, enfin, faisait sortir Jean Louis Pincecü de sa torpeur.
Voila ce qu'ils entendirent, sous titré pour une meilleure compréhension:
- Pignot?
(Pignot?)
.....
(....)
- ouvez encher lan che i rit phrène.
(pouvez déclencher le plan vache qui rit schizophrène)
.....
(....)
-ui, ompte ien  dre bas.
(Oui je compte bien me rendre la bas)
....
(.....)
-as jection gnot! portez oi oustaches
(pas d'objection Pignot! et apportez moi donc des moustaches.)
Le déclic sec qui suivit persuada les auditeurs attentifs que la conversation touchait à sa fin. Ils s'efforcèrent en conséquence de prendre un air dégagé lorsque M. Pincecü ouvrit grand la porte, l'air revigoré.
Surpris par cette affluence, il eut le début d'un instant de recul, ce qui eut pour effet de le faire trébucher lourdement en arrière. Remis de ces émois, il se frotta les mains: il souhaitait faire une communication de la première importance, et tout ce monde tombait a point nommé.
Il se racla la gorge et commença ainsi:
-Chers amis et collaborateurs, je tiens à vous faire une déclaration de la plus grande gaullitude (Pincecü était un de ces hybrides gaullistes fascinés par Ségolène Royal). Dès demain, potron minet, je me rendrai en zone sinistrée pour faire don de mon corps à la république et, accessoirement, botter le cul à ces choses.
Il leva la main pour arrêter le murmure consterné qui commençait à enfler.
-Non, non.....ma décision est prise. Je pars demain lancer l'opération vache qui rit schizophrène. Vous ne pourrez pas m'empêcher . De toute façon, Pignot est déja en route. Avec des moustaches.
Des moustaches? l'avaient ils bien entendu? L'affaire devenait sérieuse, à n'en pas douter. Ils se consultèrent du regard, pendant que Pincecü se retirait ave c majesté dans son bureau. Ils haussèrent les épaules et retournèrent à leurs occupations, attendant de voir comment évolueraient les chose.
Ils n'attendirent pas longtemps. Une demi heure plus tard, Laurent Pignot, sécrétaire personnel du préfet, faisait irruption dans les murs, porteur d'une boite longue et cirée, qui contenait sans nul doute les précieuses moustaches. Il rejoignit son patron sans plus tarder, sans répondre à une seule des questions qui l'assaillirent.
L'opération vache qui rit schizophrène pouvait commencer
.

- Par Kikipow - Maitre Kanter
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Mardi 18 novembre 2008

Orlans les amena dans la maison de la grosse feu Marie...la grosse Marie feu...la feu grosse Marie...enfin qu'importe. Elle même d'ailleurs ne s'y serait pas retrouvé tant son intérieur avait changé, celui de la maison hein! Le professeur et son assistant l'avaient transformé en bunker de haute sécurité selon l'application du plan vigizombie. Ça avait de la gueule : les fenêtres du rez-de-chaussée étaient barricadées avec des barreaux de chaise, les autres meubles avaient été mis en pièce pour former un grand tas à côté de la cheminée, la lingerie douteusement fine faisait office de petit bois, des bougies de noël étaient disposées de manière équitables dans toutes les salles et de gros tubes de pvc arboraient chaque fenêtre du premier. Orlans invita les autres à s'asseoir et somma Couët de le faire.
« -Visiblement, l'électricité à été coupé dans toute la ville. Je vais allumer un feu pour faire chauffer l'eau. Qu'est-ce que vous avez comme thé? »
Les deux filles échangèrent un regard interrogateur puis Lise prit la parole
« -Non attendez : on a risqué nos vies pour ce chariot, avec ça on a de quoi survivre au moins trois semaines, une seule si on partage avec vous tous. C'est vite vu. On peut bien faire un bout de chemin ensemble mais ça reste chacun pour sa gueule. Alors si vous voulez bouffer va falloir prendre vos arcs et vos flèches et aller chasser le daim dans le parc! Au passage comptez pas sur nous pour la reproduction : Je suis lesbienne et elle est stérile, alors vous remuerez vos jolis petits culs à tour de rôle, pigé? »
Couët, dont les mains étaient toujours attachées pour sa propre sécurité, jeta un indiscret coup d'œil vers celui de Lurf.
« -Veuillez m'excuser mais je crois que vous n'avez pas bien saisi la situation dans laquelle nous nous trouvons. Vous avez de quoi nous sustenter tous, et nous disposons des moyens pour vous protéger. Il est dans notre intérêt commun de... »

*Drelin*

Couët leva son index : « -Ca a sonné! »
Immédiatement Orlans se mit à la fenêtre et vit le zombie empêtré dans les fils à clochettes du jardin.
« -Zone de Sécurité 3 franchie! Vite, est-ce que vous avez des patates? »
Marine paniquée : « -Gu? 
-Lancez-moi une putain de patate de votre putain de caddie! »
La brune fouilla alors dans la cage métallique, déchira le filet et envoya le tubercule au professeur qui l'enfonça dans un des tubes de pvc. Avec une impressionnante célérité, il dévissa la chambre en bas du tube, y vida un spray de désodorisant pour chiottes à la violette, le referma et pressa sur le pizzo. Vraoupf! La patate fusa et fit gicler la tête du mort-vivant contre le tronc d'un cyprès.

« -Je disais donc qu'il était dans notre intérêt commun de...
-Oui c'est bon, on a compris » le coupa Lise en posant sur la dernière table un paquet de verveine.
Marine carrément estomaquée : « -Tu bois ça toi?! 
-Ouais...ça me rappelle ma mère. »
Silence trop lourd à porter.

Autour de leurs tisanes, les membres du nouveau groupe de survie en milieu zombifiant écoutaient avec attention les règles énoncées par le professeur Orlans :
« -Règle numéro 1 : Ne jamais se séparer des autres, sauf de Couêt.
-Hein? Mais c'est pas juste!
-Règle numéro 2 : Se méfier de tout le monde, sauf de Lurf
.-Druuuuuuu 
-Règle numéro 3 : Ne pas hésiter à détruire le cerveau de tout individu ayant été mordu par un zombie, sauf le mien.
-...
-Euh...oui, c'est à dire que, faute de hamster, je me suis livré à quelques petites expérimentations de vaccin sur ma propre personne et que...eh bien...en haut lieu... »
Il reprit une gorgée de verveine qui lui ébouillanta l'oesophage.
« -...Disons que le CNRS a réussi à faire pression sur le gouvernement pour que votre ville ne soit pas pilonnée immédiatement, dans l'espoir que je trouve un remède à cette peste. Je dois leur rendre un rapport tous les soirs à partir de mon émetteur portatif. »
Il désigna un petit appareil de plastique noir qui trônait sur la cheminée.
« -En l'absence de mes nouvelles un seul soir à 21heure précise...la ville sera bombardée dans les quarante cinq minutes. »

- Par Kikipow - Maitre Kanter
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