Mardi 17 février 2009
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Le surlendemain, l'opération était planifiée, et le plan opérationnel. Les vaches de tout le département, riantes ou non, et pour l'instant affectée d'aucun trouble
schizophrène, étaient rassemblées sur la colline dite du « Petit Lambert », surmontant Théoul.
Il convient de s'arrêter un instant sur la dénomination de cette colline, non pas parce que la vue y est belle, mais parce qu'il s'agit d'une prolepse à mèche
courte (et à présent mouillée). Tout commença quand un homme, suppose-t'on, quelconque, raconte-t'on, pénétra dans le sexe et dans la chambre de Patricia, mais pas forcement dans cet ordre, avant
de glisser deux St-Exupéry dans son corsage. C'était l'époque ou les pièces étaient jaunes et David douillet. Trois saisons plus tard la série reprenait avec un accouchement réussi, ou avortement
raté selon les points de vue, et le petit Lambert voyait le jour. En réalité il ne s'appelait pas Lambert, ni autrement d'ailleurs, puisqu'il fut abandonné sur la colline dès son deuxième jour,
les enfants nuisant fortement au commerce dans ce secteur. Les autochtones voyant là une chance de baptiser cette colline anonyme et ne pouvant décemment pas opter pour « la colline du petit
X », leurs donnèrent à tous deux le nom de Lambert, en référence à...rien. On ne retrouva jamais le corps du bébé.
Du haut de la colline, Pincecû opérait quelques contemplations tout en contemplant les opérations. Ce jour resterait gravé dans la pierre angulaire de sa politique
comme celui de la vache qui rit schizophrène. Cette idée lui était venue d'un livre, qu'un démon farceur avait un jour déposé dans ses toilettes, et qui ne les avait plus jamais quitté : Zombie
or not zombie? D'un certain professeur Orlans. On y expliquait notamment au chapitre 57 comment le virus zombie mutait rapidement pour se propager d'une espèce à l'autre, pouvant ainsi affecter
tout le monde animal, du cafard à la baleine, à l'exception toutefois des chattes, des loutres femelles, et des vaches. Trois espèces que rien ne rassemble, et ne pouvant pourtant qu'être
porteuses saines du virus.
Pincecû y avait vu le salut de Théoul : si on ne pouvait y envoyer des hommes, on y enverrait des chattes...Non! Elles sont trop mignonnes! Des loutres alors? On en
a pas! Bon ben, va pour les vaches.
Seulement, les vaches n'ont pas le tempérament belliqueux de leurs homologues masculins, c'est là que l'ingéniosité du sous-préfet intervient! Afin de stimuler leur
agressivité l'OVQRS (opération vache qui blablabla...) prévoyait de les abreuver toute une journée de testicules de taureau broyées (disponible en canettes), ce qui avait aussi pour effet de
créer chez elles un trouble schizophrénique de la personnalité, déchirant leurs esprits entre le pis et le vît. Mais cette agressivité ne suffisait pas pour venir à bout de la peste zombie, il
fallait la focaliser sur quelque-chose. Là encore, Pincecü redoubla d'intelligence. Il mènerait les vaches à Théoul en se déguisant en Jean Cazenabe, aussi nommé Félix Robert, premier toréro
français à faire carrière en Espagne, et surtout : moustachu. Le ressentiment de toute la race bovine envers cet homme pousserait le gigantesque troupeau à poursuivre son ersatz et démembrer au
passage tous les zombis se trouvant sur son chemin. Une féria sanglante.
Un doute néanmoins : Pincecü courrait-t'il assez vite?
Trop tard pour reculer, le destin du monde était entre ses jambes. Il arrima sa moustache, enfila son habit de lumière, et montra ses fesses aux vaches survoltées
qui ne rirent pas (mince! Il n'avait pas prévu ça...s'il s'en sortait vivant il réviserait le nom de son opération), mais le poursuivirent comme elle le devaient, avec furie et fracas.
Personne ne remarqua le petit Lambert, aujourd'hui grand, mais toujours tout nu, qui courrait à quatre pattes avec elles, poussant des mugissements plus vrais que
nature.