Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /Nov /2008 21:13
Alors qu'elles sortaient  du temple du caddie, lise faillit percuter une masse avec son chariot. Une masse rousse somnolait à l'entrée, juste devant les portes coulissantes. La masse en question ne semblait pas briller par sa vivacité, et bavait même un peu. C'est donc en toute sincérité que la jeune fille s'écria:
-Encore un? Marine, la pelle, vite!!!!!
Elle s'apprêtait à cogner de toute la force dont ses bras frêles étaient capables, quand un raclement de gorge se fit entendre.
-Grmmmm grmmmm. Excusez moi de vous déranger, mademoiselle, je peux tout à fait comprendre votre geste, mais je vous saurai gré de ne pas trop abimer mon collaborateur, qui tient finalement plus du hollandais que du zombie.
-Mais il bave!
-Il a besoin de repos, et n'arrive pas à dormir sans baver un peu. Ce qui est parfois gênant, je le conçois, mais on s'y fait vite.
Lise regarda ce qui se révélait bien être un hollandais, et qui s'étirait à présent, hirsute et bougon. Elle se retourna alors et considéra pour la première fois l'homme-qui-s'était-raclé-la-gorge. Petit, à moitié chauve, pas rasé, débraillé, mais avec le soupçon de classe de ceux qui boiraient une tasse de thé dans des chiottes à la turque de bistrot.
-Qui êtes vous, d'abord? Vous semblez être quelqu'un qui souffre de la prostate.
-Permettez moi de rectifier. Ma prostate seporte à merveille. Je suis le professeur Orlans, docteur ès zombies et tout le tralala. Je venais récupérer quelques hamsters dans ce charmant magasin....Mais je me dis à présent que je vais faire coup double: cette histoire manquait de personnages féminins positifs....Rejoindrez vous mon équipe?
Marine intervint:
-D'une, je ne fais pas spontanément confiance à un type qui va chercher un stock de hamsters au supermarché en plein épisode zombifiant. Et de deux, votre équipe est elle limitée à vous et à ce type, la? Autant savoir avec qui on nous propose de faire un morceau de chemin, non?
-Vous avez raison. J'ai omis de vous présenter le dernier membre de notre groupe.
Se retournant, il brailla:
-COÜEEEEEEEEEEEEEEEEET!
Marine et Lise blémirent, et demandèrent en même temps:
-Et pour les hamsters?
-J'ai tout  lieu de penser qu'ils peuvent être une solution contre l'épidémie de zombies. Mais je vous en dirai davantage dans un moment. Nous ne sommes plus seuls.
-Les zombies?
-Non, c'est pour l'effet dramatique. Mais que diriez vous d'une tasse de thé?
Par Kikipow - Maitre Kanter
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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 13:18

Pendant ce temps, à l'autre bout de la ville, l'être humain usait une fois encore de sa remarquable capacité à tirer profit de n'importe quelle situation de crise. Enfin...si toutefois le petit Kévin était bel et bien un humain : au collège, avant les incidents qui avaient poussé Mme Leys, la prof de gym à mordre jusqu'à l'os six de ses élèves de 5ème 2 et le directeur a fermer l'établissement juste avant s'être fait dévorer par la femme de l'entretien qui n'avaient même pas pris rendez-vous, une rumeur courait que Kévin avait été enfanté par une guenon violée par un chien galeux de passage. Mais tout laissait à penser que celle-ci avait été crée de toute pièce par ses camarades de classes qui manifestement ne l'appréciaient guère. Les enfants sont cruels, même avant d'être infectés par un putain de virus zombifiant.

Kévin donc, ayant préféré fugué plutôt que de quitter la ville où il voyait déjà se profiler des affaires en or, était en train de piller la supérette, remplissant son chariot de toutes sortes d'articles avec lesquels il pensait pouvoir générer un bénéfice conséquent.

Il existe différent type de pilleurs : ceux qui, prévoyant, emplissent leurs sacs de nourriture et boissons afin de pouvoir survivre enfermés pendant plusieurs mois, et ceux qui, aveuglés par un éventuel profit, s'encombraient de matériel télé, hi-fi et parfois même informatique. Kévin appartenait à la seconde catégorie.

Mais les plus malins étaient les pilleurs qui s'emparaient du rayon jardinerie...En un éclair, le collégien se fit débroussailler la tête et sa cervelle gicla sur une douzaine d'écrans plasma géants.

« -Merde Lise...je suis pas sûr que c'en était un... »

La jeune fille éteint son engin de mort et le silence se fit à nouveau. Elle s'approcha du corps scalpé de près et mit son visage à la lumière en le poussant du pied.

« -Non, t'as raison. C'était le petit Kévin. Il est parti pour un autre enfer.

-C'est tout ce que ça te fait? Hurla Marine dont les mains se mirent à trembler. Lise, tu viens de tuer un enfant innocent! T'as complètement pété les plombs! »

La blonde laissa tomber son arme à terre et attrapa la brune par les épaules.

« -Tu parles d'un innocent : une petite frappe qui dealait de l'herbe à l'école primaire, qui chourrait des scoots pour les revendre cinquante balles et qui là, je suis sûr était en train de se réjouir de ce putain de chaos. Y méritait pas mieux que ce qui lui arrive, crois-moi. »

Marine était terrifiée, adolescente, elle en avait vue des trucs glauques, mais là ça touchait le sommet du fond : Sa meilleure amie venait de ratiboiser la tronche de son jeune voisin et semblait s'en délécter...

« -Il faut qu'on se sorte de cette merde...ça va tous nous niquer le cerveau et tout et tout...

-T'as raison, je crois qu'on a tout ce qu'il faut, on se casse avant que les zombis rappliquent.

Le chariot pleins de pelles et de vivres, les deux jeunes filles foncèrent à l'extérieur du casino.

« -Fonce avec tout ça vers le comissariat, je m'occupe des macchabs. »

Par Kikipow - Maitre Kanter
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Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 00:27
-Hum, je ne sais pas.... tu as l'air de mauvais poil, mamoune....
-MAIS NON! PUISQUE JE TE DIS QUE JE NE VAIS PAS TE MANGER!!!!!
Mamoune n'avait jamais été une femme de parole, et se jeta, toutes dents en avant, vers le pauvre Coüet, un peu dépassé par les évènements, ce qui est un comble, vu la vitesse de bondissement du zombi moyen.
Une foule de choses sans intérêt -en tout cas pour la situation présente- se pressaient dans la boîte crânienne de l'animateur.
Au bout de quelques secondes, son clitoris bulbaire de l'encéphale gauche (Les racontars sur le cerveau étrange et mal foutu de Coüet se vérifiaient donc) lui titilla l'instinct de survie.
Il se mit à penser. A réfléchir à un moyen de se tirer d'affaire. Il pensa en vrac à
Se déguiser en loutre
Péter sur mamoune
se cacher sous la table
manger un gouda taïwanais
...
Quand soudain une explosion retentit: la caboche de mamoune tapissait à présent le mur et les bibelots, alors que dans l'embrasure de la porte se dressait le professeur Orlans, un sourire de commisération pour ces gens incapables de se défendre contre des zombies. Enfin bon, tant qu'on lui était reconnaissant des secours prodigués, il n'allait pas faire la fine bouche....
Mais la réaction de Coüet le surprit: il bascula bientôt au sol, entraîné par une masse de 125kgs, qui poussait des gémissements stridents, qui pouvaient ressembler à "Coooouuuuuuuuuuuuuiiiiiiiiiiiiiiii jjjjjjjjuuuuuuuuuuudddddddddds rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr hhhhhhhhh hhhhhhhhhh hhhhhhhhh hhhhh"(l'animateur s'essoufflait en effet assez rapidement)
Heureusement pour Orlans, le fidèle Lurf, plein d'à propos, avait saisi une pantoufle, donc il frappait gaiement la masse confuse, qui finit par lâcher prise, et tomba dans un évanouissement de bon aloi.
Ne faisant ni une ni deux, les deux comparses le ligotèrent avec une des jarretières de la grand mère.

Quelques heures plus tard, Coüet refaisait surface.

Par Kikipow - Maitre Kanter
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Jeudi 11 septembre 2008 4 11 /09 /Sep /2008 14:13

 

« - Putain, c'est la zone ici...

-Exactement M. Couêt, vous venez tout juste de franchir les limites de la zone zombifiée.

-Ce n'est pas précisément ce que je voulais dire...et lui là, désignant un cadavre déambulant de l'autre côté des barrières, vous l'avez laissé sortir?

-Eh, que voulez-vous monsieur, c'est l'Europe! »

 

L'idole des jeunes, ayant été contraint d'abandonner son véhicule, son chauffeur, et son mini-jacuzzi , traversait à présent Théoul d'un pas chaloupé, sans ce soucier des terribles menaces sporadiques qui y planaient. On aurait pu s'attendre à ce qu'un personnage de son acabit, de sa stupidité et de son insoutenable petite voix nasillarde soit sauvagement déchiqueté par le premier zombie anonyme venu lors de son second chapitre d'apparition, mais par un navrant concours de circonstance, le premier zombie anonyme venu était alors occupé à rechercher la partie supérieure de sa mâchoire, et tout ce qui allait avec, égarée lors d'une rixe avec un chien trop gros pour lui. De plus, une aura surnaturelle semblait protéger Couêt, comme si dans cette ville, le respect des animateurs télé perdurait post-mortem.

L'endroit avait bien changé depuis sa dernière visite il y a quinze ans, à l'époque où il avait encore besoin de taxer sa grand-mère pour aller voir les putes. Ce souvenir lui revenait en mémoire : Pourquoi devrait-il aller sauver sa grand-mère qui n'avait même pas daigné lui donner de quoi s'offrir les charmes de Patricia, la favorite du coin et de l'époque? Le goût amer de cette soirée avec Raoul lui revint au bord des lèvres. Et puis de toute façon, c'était même pas sa vraie grand-mère, puisqu'il avait été adopté, cinq fois. Il était prêt à rebrousser chemin lorsqu'il réalisa qu'il était arrivé en bas de l'immeuble.

« -Mamoune! Cria-t'il. C'est moi, Sébastien, je viens te chercher! »

Le bourdonnement de l'interphone lui fit comprendre, tardivement certes, qu'on lui ouvrait la porte. Il monta les marches jusqu'au deuxième étage et pénétra dans le lieu béni de sa jeunesse. Là, rien n'avait bougé, ni les napperons de dentelle, ni la pendule à pigne, ni les photos de lui découpées dans divers magazines télés. Couêt en string, Couêt déguisé en éléphant, Couêt à l'envers dans un dans un gigantesque utérus de carton-pâte...

« -Mamoune...? »

La grosse Marie était à table, tournant le dos à son petit fils et ne semblant pas lui prêter le moindre semblant d'attention. De la face cachée émanaient des bruits de sucions à faire rougir un animateur télé...ah ben Couêt par exemple.

« -Mais...qu'est-ce que tu fais mamoune? 

-Je me sustente, misérable rejeton, ça ne se voit pas? »

Ce qui se voyait en effet, une fois qu'elle se fut retournée, était une bassine rose remplie d'abats luisants dans laquelle Marie plongeait allègrement ses mains. De sa bouche tordue goutait l'essence de la bidoche saignante, ainsi que des morceaux de boyaux à moitié mâchés qui venait immanquablement s'échouer dans les plis de sa robe qui, doit-on le rappeler, un jour fut bleue.

« -Ne me dis pas que tu es devenue un zombie toi aussi?

  • -Pas plus que tes téléspectateurs mon enfant. Viens t'asseoir, je ne vais pas te manger. »

 

 

Par Kikipow - Maitre Kanter
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 23:41
Les studios de la télévision publique ne sont pas sensés être un havre de paix le samedi soir, prenez en pour preuve ce qui se passait en salle d'enregistrement 4: Bernard Dumas, le célèbre orthographiste-critique littéraire, recevait l'inénarrable Coüet.
La discussion, assez générale, tournait autour de la nouveauté sémantique du dictionnaire de l'académie française, le contreversé mot "prinstipé", dont la définition est peu ou prou "chier des bichocs".
Coüet, prolixe sur cette question éminemment culturelle, en était à raconter la fois ou il avait introduit des BN fraise dans divers orifices de sa gironde personne.
Tout à coup, un technicien se précipita sur le plateau, téléphone à la main, ce qui déclencha un haussement de sourcil du très distingué Bernard Dumas. Le technicien ne s'arrêta pas pour autant, et finit sa course dans Coüet, avant de souffler
"Téléphone pour vous"
Coüet accepta l'appareil, de mauvaise volonté, car le sujet traité l'excitait au plus haut point, et il rechignait à laisser tomber le récit de la partie anale de son anecdote.
La conversation donna à peu près ceci:
"Mouuuui?"
"..."
"Hein?"
"..."
"Oh!"
"..."
"Ben chais pas, je suis à l'antenne, là"
"..."
"Oui, mais là c'est pas pareil"
"..."
"Ah, merde"
"..."
"Ok ok, j'arrive, ne cries pas"
"..."
Oui, moi aussi, tout partout".*
Pendant ce temps, Bernard Dumas se tortillait nerveusement les poils du torse. Il détestait être interrompu en pleine émission. Il avait clairement l'intention de tancer Coüet, mais celui ci, ignorant le regard désapprobateur, se leva en hâte, sitôt le combiné reposé, et s'écria:
"Je pars! Ma grand mère m'attend, les zombies m'attendent, j'encule l'audimat!"
Personne ne le retint, la surprise étant trop grande, lorsqu'il dévala les escaliers des studios, pas plus que lorsqu'il passa en trombe devant les barrages de police qui barraient l'accès à la zone zombifiée. Il faut dire que le chouchou du public prépubère n'était vêtu que d'une plume judicieusement placée.
A la nuit tombée, Coüet était entré dans la zone rouge.

*Dans un souci de clarification, les répliques du correspondant de Coüet vous sont fournies: "Sébastien, c'est moi."" Ta mère, boure de tête de noeud". "Tu es vraiment navrant. Je peux te parler une minute?" "Avec cette horrible tante vicieuse de Bernard Dumas? Vous allez vous déguiser, encore?La dernière fois j'ai eu si honte....""Enfin, je t'appelle pour te dire que ta grand mère a disparu en pleine zone zombifiée, mon petit. Je voudrais que tu me la récupères..."
"C'EST UNE FACON DE PARLER A SA MERE? SALE PETIT CON, VA!" "C'est bien. J'en étais sure. Je vais transpirer un peu au sauna.A plus tard."**
**Dans un souci de clarification très poussé, un extrait de la scène va être retranscrit en dialecte inuit:
"Glllouk?"
"Grû de glok"
"Uh?"
"Glouoooouk touk ulu!"
"Glou, dik ulu rahnuglou uku"
.....


Par Kikipow - Maitre Kanter
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