Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 15:58

Au milieu de la cohue bovine, le petit Lambert courait, touts attributs au vent. Sa pilosité, par un curieux phénomène mimétique, était tachetée comme celle d'une bonne laitière. Etait il un de ces enfants vaches dont parlent depuis toujours les légendes populaires de la région de Théoul? Toujours est il qu'il semblait parfaitement à son aise au milieu des vaches déchaînées, et suivit sans peine le rythme infernal des bovidés lancés à la poursuite de Jean Louis Pincecü.
Au loin, on apercevait déjà le clocher de l'église de Théoul. Encore deux bons kilomètres, pensait Pincecü, et je suis sauvé. A ses côtés, son fidèle assistant semblait à bout de souffle. Trop d'apéritifs, pas assez de gymnastique, sans doute, pensait le sous préfet.
Les vaches approchaient. dangereusement. Pincecü, voyant le tour désagréable que prenait la situation, décida que, l'un dans l'autre, il pourrait toujours se trouver un nouvel assistant. Il décocha alors un croche pied vicieux à son camarade, qui s'affala avec un petit couinement d'effroi, lorsqu'il prit conscience de ce qui allait vraisemblablement lui arriver.
Pincecü reprit sa course folle, Les vaches, elles, accompagnées d'un Lambert toujours plus excité, s'étaient arrêtées pour mettre en pièces le malheureux secrétaire. Elles y mettaient du coeur à l'ouvrage. Cet acharnement avait permis à Pincecü de reprendre un peu d'avance. Encore un petit kilomètre, et il pourrait rejoindre l'abri rassurant d'une porte cochère, et laisser les vaches saccager Théoul.
Après avoir consciencieusement transformé le secrétaire en confettis gluants, les bêtes à corne s'étaient remmises en route, faisant trembler le sol sous leurs délicats sabots souillés de sang.
Alors que le sous préfet pensait être perdu, rattrappé pas la masse meuglante, il entendit un sifflement.
"Merde", se dit il alors, "se pourrait il que les consignes ne soient pas passées?"
En effet, il avait requis un laissez passer pour un troupeau de cent têtes auprès des militaires qui gardaient l'acès à Théoul. "Foutus problèmes de transmission", grommela t'il, en se  jetant dans un fossé providentiel.
Puis ce fut l'enfer. Les explosions. La barbaque traversant le paysage matinal. L'odeur de la vache explosée.
Et surtout, un nuage de poussière, qui recouvrit les environs.
Lorsqu'il se dissipa, seul restait debout le petit Lambert, au milieu des restes de ses amies, qui meuglait misérablement l'air quelque peu dépassé par les évènements.
Jean Louis Pincecü en fut extrêmement touché.

Par Kikipow - Maitre Kanter
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